Billet d'Humeur

Virée nocturne

J'errais tel un zombie dans la nuit noire et brumeuse. Mes pieds nus s'écorchaient au contact des nombreuses ronces et épines. Je ne savais pas où mes pas allaient me mener mais je voulais à tout prix m'éloigner. De quoi? De qui? Je ne le savais pas moi-même mais j'espérais le découvrir au fil de mes pas. 

 

Ca m'avait pris subitement, devant le coin de l'âtre, lorsque mes pensées se perdaient parmi les flammes crépitantes. Je m'étais levé d'un seul bond et avais ressenti ce besoin de sortir prendre un peu d'air, puis l'envie me prit de fouler l'herbe humide, et mes pas me conduisaient maintenant vers une destination inconnue.

 

Souvent ces dernières nuits, je rêvais que je courais à perdre haleine vers une lumière blanche de laquelle je n'arrivais jamais à m'approcher. Au contraire, j'avais l'impression que plus je courais, plus elle s'éloignait. Et je m'arrêtais de courir lorsque mon rêve-même prenait fin et me laissait haletant et en sueur, sans rien comprendre à sa signification. 

 

Et me voilà maintenant répétant ces mêmes foulées mais sans aucune lumière blanche à attraper. Juste une course effrenée vers un objectif incertain.

 

C'est alors que je la vis... cette cabane abandonnée éclairée par un rai de lune. Il n'y avait plus âme qui vive depuis bien longtemps. Les planches des 4 marches grincèrent sous mon poids. La porte émit un son gémissant lorsque je me décidai à l'ouvrir. Tout à l'intérieur était figé par la poussière mais pourtant, il y régnait une atmosphère intimiste et sereine. Même les battements de mon coeur se mirent soudain en sourdine. 

 

A ce moment bien précis, j'eus un flash. La cabane était éclairée par le jour et tout était propre et bien rangé. Des fleurs ornaient les balconnières et les vitres laissaient percer les rayons chaleureux du soleil. Au loin, j'entendais une rivière qui coulait son chemin. Quelques oiseaux égayaient les airs de leurs chants joyeux. Et je me vis. Assis à une table, une tasse de café fumante à la main, en train de relire ce qui ressemblait à un roman. Et là je compris. Mes pas m'avaient menés vers ma nouvelle destinée, celle dont je rêvais en secret mais que jamais je n'osais mettre en vie.

 

Je vous écris d'ailleurs ces lignes de mon nouveau repère, assis à cette même table, mais en homme nouveau. J'aimerais témoigner de la véritable nature de nos rêves, des freins que nous encerclons autour de nos vies étriquées alors que le chemin vers notre véritable bonheur est souvent bien plus accessible qu'on ne le pense.

 

Chers lecteurs, je vous souhaite de vivre vos rêves les plus fous. Et peut-être un jour viendrez-vous frapper à ma porte... 

 



26/08/2011
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